Bioressources en Europe : Nomadéis analyse les potentiels de structuration d’une nouvelle filière laine…

Doté de 2,4 millions d’euros, le programme Défi-Laine s’appuie sur le fonds européen Interreg pour revaloriser ce produit naturel. De 2016 à 2019, 12 partenaires se sont associés pour inventorier le potentiel agricole, touristique et économique de la filière laine, dans une Grande Région qui couvre cinq espaces frontaliers entre la Belgique, la France, l’Allemagne et le Luxembourg. Porteuse du projet, l’association wallonne « Filière laine » a élaboré une trentaine de produits désormais fabriqués en série. Nomadéis lui apporte un appui sous forme de conseil stratégique et opérationnel.

 

Contexte de la mission

La « Grande Région » concernée par ce programme de financement européen Interreg est composée de :

  • 4 départements français (Meuse, Moselle, Meurthe-et-Moselle et Vosges) ;
  • 2 provinces wallonnes (Liège et Luxembourg) ;
  • Le Grand-Duché du Luxembourg ;
  • 2 länders allemands (Rheinland-Pfalz et Saarland).

Comptant plus de 170 000 brebis sur son territoire, cette « Grande Région » totalise environ 419 tonnes de laine produite chaque année. A l’heure actuelle, la laine est quasiment intégralement revendue en Chine, où elle est lavée puis transformée avant d’être revendue sous forme de produit fini.

Par ailleurs, en raison de son prix de vente relativement faible, la laine est souvent considérée davantage comme un déchet que comme un produit susceptible de générer de la valeur pour les éleveurs, ce qui constitue un frein au développement de la filière.

Cependant, le territoire bénéficie de véritables savoir-faire locaux autour des produits issus de l’exploitation de la laine. Les entreprises et l’artisanat local de transformation, reposant pourtant sur des matières premières provenant d’élevages de moutons australiens et néo-zélandais, le démontrent. Par ailleurs, les consommateurs sont de plus en plus sensibles à la qualité et à la provenance des produits. Ces atouts sont autant de leviers pour accélérer le développement d’une filière laine locale.

 

Objectifs

Afin de répondre à ces enjeux, et de contribuer concrètement à la structuration d’une filière locale pérenne, 12 acteurs se sont réunions autour du projet Interreg Défi-Laine. Lancé en 2016, ce projet associe toutes les parties prenantes concernées, à différents niveaux d’implication (agriculteurs, transformateurs, gestionnaires de parcs naturels, lycées agricoles, musées, etc.).

Le projet Défi-Laine affiche plusieurs objectifs principaux :

  • Créer et développer de la valeur ajoutée locale, notamment en augmentant le prix de revient de la laine pour l’éleveur et en impliquant ce dernier dans la transformation de la matière première ;
  • Impulser et entretenir une dynamique collective, pour pérenniser les PME locales et accélérer la création d’emplois, tout en suscitant des innovations et des collaborations entre acteurs ;
  • Proposer aux consommateurs une large gamme de produits durables et locaux (gamme artisanale et industrielle), et faciliter la rencontre entre l’offre et la demande, sur le long terme.

 

Approche méthodologique

Les partenaires du projet Défi-Laine ont fait appel à Nomadéis pour les appuyer dans la réalisation d’un état de lieux de la filière laine en Grande Région.

Nomadéis a notamment travaillé selon les axes suivants : 

  • Cartographie des acteurs de la filière sur le territoire (éleveurs, transformateurs/artisans, distributeurs et vendeurs de produits à base de laine et d’équipements, acteurs de l’enseignement, de la culture, de la protection de l’environnement ou encore de la recherche, utilisateurs des produits à base de laine, etc.) ;
  • Analyse quantitative et caractérisation de la production de laine sur le territoire (quantité, qualité, races des brebis, procédé de tonte), en tenant compte des spécificités locales ;
  • Analyse de la transformation et de la distribution de la laine et des produits existants à base de laine, sur le plan quantitatif (volumes de ventes, tonnages, nombre d’acteurs impliqués) et qualitatif (types de flux, de produits, description des circuits de distribution, etc.) ;
  • Focus sur les réserves naturelles et zones Natura 2000 pâturées par des moutons, et la laine ou les produits issus de ces zones géographiques ;
  • Mise en perspective et comparaison avec les données régionales et nationales afin d’apporter un éclairage sur les spécificités du territoire ;
  • Formulation de recommandations stratégiques et opérationnelles.