Etudier le rôle de l’architecture vernaculaire pour un développement urbain durable

Nomadéis a étudié pendant 8 mois les bénéfices des matériaux et des techniques de construction locales et traditionnelles dans les pays du Sud, à la demande de l’ARENE Île-de-France (Agence Régionale pour l’Environnement et les Nouvelles Énergies).

 

Contexte

La ville de Shibam (Yémen)

La notion d’architecture vernaculaire fait référence, depuis les années 1980, à une architecture conçue en harmonie avec son environnement, en rapport avec l’aire géographique qui lui est propre, son terroir et ses habitants.

Parce qu’elle s’inscrit dans des démarches d’urbanisme durable et de valorisation du patrimoine local, et qu’elle présente de nombreux avantages à la fois environnementaux, sociaux et économiques, l’architecture vernaculaire fait aujourd’hui l’objet d’un regain d’intérêt de la part de nombreux acteurs (collectivités, institutions publiques, entreprises, etc.).

 

Ce type de bâti naît du sol et des ressources de la région où il se développe et sa conception prend en compte l’ensemble des contraintes locales. Il présente donc une bonne résistance à l’égard des risques naturels de la région. Cette inscription territoriale s’exerce également au niveau social, par une implication renforcée des acteurs locaux (démarches de concertation, renforcement d’un lien identitaire entre les habitants et leur territoire, etc.).

 

Objectifs

L’étude s’inscrit dans une recherche de compréhension systémique entre les territoires et la manière dont les bâtiments peuvent être :

  • Pensés (organisation, conception) ;
  • Construits (matériaux, méthodes, ressources) ;
  • Vécus (usage, entretien). 

L’analyse porte non seulement sur des bâtiments individuels, mais également sur l’agencement des bâtiments les uns par rapport aux autres et par rapport à leur environnement (infrastructures, réseaux, ressources, jeu d’acteurs).

Cette analyse systémique appelle donc une réflexion qui dépasse la seule étude d’impact environnemental, social et économique des matériaux et des savoir-faire locaux. Elle est une invitation à repenser d’une part le rapport entre le « contenant », la ville, et le « contenu », la communauté, et d’autre part les flux qui l’animent et régissent les interactions entre centre urbain et périphéries.

L’étude vise prioritairement le développement urbain durable dans les pays du Sud où la croissance démographique accélérée dans les agglomérations engendre un fort besoin en construction, en particulier en termes de logements.

La ville est tour à tour présentée comme le problème ou comme la solution d’un développement durable à l’échelle mondiale. Une réflexion est engagée sur l’efficacité des villes en termes de performance économique, d’équité sociale et d’empreinte écologique. Le bâti vernaculaire peut-il réellement participer à cette efficacité ? Est-il le bienvenu dans les grands centres urbains des pays du Sud ? L’étude visait principalement à :

  • Donner envie aux acteurs de la coopération et du monde de la construction de s’inspirer de certains principes vertueux des constructions vernaculaires dans la recherche de durabilité ;
  • Identifier les freins et les blocages à leur développement à grande échelle en milieu urbain ;
  • Proposer des outils et des méthodes pour aller au-delà de l’expérimentation.

 

Méthodologie

La méthodologie de l’étude repose sur la combinaison de 3 approches :

  • Une démarche consultative : conduite d’entretiens auprès d’experts, d’acteurs de la coopération, et d’élus du Nord et du Sud, et un travail de réflexion en collaboration avec les membres du comité de pilotage (AFD, ADP Ville en Développement, Habitat et Francophonie, Région Ile-de-France, Construction et Bioressources, etc.) ;
  • L’analyse approfondie de 8 cas concrets, sélectionnés à partir d’une base initiale de 40 projets (compilée par Nomadéis) ;
  • Une exploration de scénarios tendanciels permettant la mise en évidence de leviers d’actions potentiels pour tendre vers un développement de ces modes constructifs en milieu urbain.

Les 8 projets retenus pour les études de cas présentaient chacun un intérêt particulier au regard de l’un des aspects suivants (grille d’analyse définie par Nomadéis) : montage opérationnel, plan d’urbanisme, outils utilisés, techniques déployées, modèle financier, de gouvernance, etc.

Ces études de cas n’ont pas vocation à fournir des modèles mais doivent illustrer différentes facettes des projets de constructions vernaculaires et ainsi susciter des pistes de réflexion.

 

Résultats

Ces travaux ont donné lieu à la rédaction d’un rapport de mission intitulé « Bâti vernaculaire et développement urbain durable », qui met en évidence les enseignements d’une approche « vernaculaire » de la construction et de l’urbanisme, et analyse les différents futurs possibles des constructions vernaculaires dans le monde.

Le rapport de l’étude sera disponible prochainement sur le site de l’ARENE Ile-de-France.

 

Dissémination

Dans le cadre de cette mission, Nomadéis a été interviewé par le journal Le Moniteur : lire l’interview ou la news Nomadéis.

Cette interview a également été reprise par le site Construction21, portail européen des professionnels de la construction durable.