Valorisation des ressources locales en Outre-mer : Nomadéis remporte une nouvelle mission à Mayotte…

Objectif : cartographier les bio et géoressources locales mobilisables pour les marchés de la construction, caractériser la demande et formuler des préconisations pour un développement pérenne de nouvelles filières…


Contexte

Officiellement département français depuis 2011, Mayotte (« île aux parfums ») fait partie de l’archipel des Comores, situé en plein océan indien entre le Mozambique et Madagascar, à 8 000 kilomètres de la métropole.

Le territoire regroupe 12 communes et est composé de deux îles principales (Grande-Terre et Petite-Terre) et d’une trentaine d’îlots. La population officielle (256 518 habitants en 2017) est jeune (âge médian : 17 ans), répartie sur une superficie de 376 Km2. Les défis socioéconomiques et environnementaux sont nombreux à l’échelle du territoire. 

A Mayotte, les enjeux liés au développement d’une filière locale de la construction sont nombreux, du fait notamment de la convergence de plusieurs facteurs :

  • L’accélération de la croissance démographique, qui requiert la construction de nombreux logements et contribue à l’augmentation de la pression foncière dans un contexte de faible surface constructible et de demande élevée (les loyers mahorais sont près de 3 fois plus élevés que ceux de la petite couronne parisienne) ;
  • La nécessité pour les entreprises du bâtiment implantées localement d’importer une part importante des matériaux de construction qu’elles utilisent, matériaux qui sont par ailleurs plus coûteux qu’en métropole (+35 %, selon un avis récent de l’Autorité de la concurrence, surcoût dû notamment au transport, au manque de concurrence et aux difficultés logistiques d’approvisionnement).

Le coût environnemental et économique du recours à des matériaux importés et conventionnels s’ajoute à celui déjà élevé du chômagedans un territoire faisant face à de nombreux défis (25,9 % de demandeurs d’emploi en 2017 selon l’INSEE). Or, la filière du bâtiment pourrait contribuer au développement économique local et diminuer son impact sur les paysages et l’environnement, si l’amont de la chaîne de valeur, c’est-à dire le maillon qui concerne l’approvisionnement en ressources, valorisait mieux les opportunités locales.

 

Objectifs

Dans ce contexte, la DEAL (Direction de l’Environnement de l’Aménagement et du Logement) de Mayotte a confié une mission d’étude à Nomadéis, visant à :

  • Réaliser un état des lieux des ressources locales mobilisables pour un usage en construction (diagnostic amont) ;
  • Analyser le marché et les besoins locaux en matériaux de construction(diagnostic aval) ;
  • Identifier les conditions de développement opérationnel d’une filière biosourcée sur la base des conclusions des deux premières phases.

 

Approche

Dans un premier temps, Nomadéis analysera la disponibilité en ressources locales pour un usage en construction, en prenant en compte les conflits d’usage potentiels ainsi que les enjeux relatifs à la préservation des écosystèmes naturels du territoire.

Afin de recueillir les données nécessaires à la conduite de ce premier diagnostic amont, Nomadéis conduira une série d’ateliers et d’entretiens qualitatifs auprès d’un panel d’acteurs variés, constitué notamment d’acteurs locaux impliqués dans la construction (agents de collectivités locales et des services de l’Etat, architectes, artisans, etc.). Les entretiens seront complétés par une analyse bibliographique détaille et multicritères. 

Dans un second temps, Nomadéis conduira une analyse du marché et des besoins locaux en produits et matériaux de construction, afin de déterminer quelle part de marché pourrait être visée par des ressources locales (matériaux biosourcés notamment). 

L’identification et la caractérisation des filières les plus pertinentes reposeront sur des méthodes d’évaluation des potentiels de marché. Nomadéis mobilisera par ailleurs sa large base de connaissance et son expertise reconnue des problématiques liées au développement des filières locales, notamment biosourcées (plus de 40 références capitalisées depuis 2012, en France métropolitaine, en Outre-mer et à l’international). Une mission de terrain est également prévue dans le cadre de cette seconde phase. 

Enfin, Nomadéis veillera à identifier les conditions permettant de structurer de manière pérenne les filières les plus prometteuses, en bonne intelligence avec l’ensemble des acteurs concernés, et en tenant compte d’expériences comparables, y compris issues d’autres territoires de la zone tropicale humide (benchmark).