Concurrences d’usages des sols agricoles et forestiers : l’ARENE confie une nouvelle mission d’étude à Nomadéis…

Objectifs et contenu de l’étude

L’étude confiée à Nomadéis par l’ARENE Île-de-France vise à identifier et prévenir d’éventuelles concurrences d’usage des gisements de ressources dans le cadre du développement des filières franciliennes de valorisation du bois et de la paille, afin de formuler des recommandations à l’attention des collectivités.

Une meilleure appréciation des dynamiques en cours permettra en effet de coordonner les évolutions des filières afin d’en minimiser les impacts environnementaux (durabilité des ressources, qualité de l’eau, de l’air, des sols, biodiversité), d’adapter les pratiques (compétences, itinéraires techniques, équipements) et d’organiser les circuits d’approvisionnement (circuits logistiques). 

Au moyen d’une analyse bibliographique approfondie complétée par une série d’entretiens qualitatifs, Nomadéis établira un état des lieux des filières paille et bois en Île-de-France, puis analysera leurs potentiels de développement respectifs, ainsi que les impacts associés (impacts sur l’environnement, conditions de travail, organisation logistique, etc.). Nomadéis analysera également les cadres de programmation existants au niveau régional, afin d’évaluer comment et dans quelle mesure il est possible de concilier le développement des différents usages à l’échelle du territoire. 

 

Contexte de l’étude

  • La filière francilienne du bois

L’Île-de-France comptait environ 287 000 hectares de forêt en 2014, soit près du quart du territoire francilien (24%). La région dispose ainsi d’un taux de boisement légèrement en-dessous de la moyenne nationale (28%).

Les rôles joués par cet écosystème forestier sont multiples, et se situent à la croisée des enjeux du développement durable. Réservoir de biodiversité et garante de la régulation des grands cycles biologiques, la forêt assure des fonctions écologiques essentielles, tout en fournissant un matériau de construction naturel et renouvelable, ainsi qu’une ressource énergétique.

La forêt assure aussi un rôle d’accueil du public, et est source d’aménités – les forêts sont des lieux attractifs pour de nombreux utilisateurs aux attentes variées. Permettre et organiser une cohabitation entre les différents utilisateurs de la forêt est un enjeu particulièrement prégnant en Région Île-de-France qui concentre près de 20% de la population française sur seulement 2% du territoire national, ce qui peut engendrer de fortes pressions sur le patrimoine forestier.  

Néanmoins, la forêt francilienne reste aujourd’hui peu exploitée, limitant de facto le développement du reste de la filière. Plusieurs raisons sont fréquemment évoquées, notamment l’atomisation des exploitations et des parcelles sur le territoire (70% des surfaces boisées d’Île-de-France appartiennent à des propriétaires privés, pour une propriété forestière moyenne de 1,09 hectares), ou encore un relatif cloisonnement entre les différentes sous-filières (bois construction, bois énergie, bois industrie, etc.) et entre les acteurs amont et aval. Certains usages présentent cependant des perspectives de croissance dynamique : c’est notamment le cas de la filière de valorisation énergétique du bois.

  • La filière francilienne de la paille

La paille est un coproduit de la culture de céréales et d’oléagineux (blé, orge, avoine, seigle, tournesol, colza, etc.), coupé lors de la moisson. En 2013, la région Île-de-France comptait plus de 445 000 hectares de cultures de céréales et d’oléagineux, soit environ 37% de sa superficie totale.

La paille est actuellement mise à profit pour différents usages, tels que :

  • L’entretien des sols arables (enfouissement de la paille) ;
  • L’alimentation animale et le paillage ;
  • La valorisation sous forme de matériaux de construction ;
  • La valorisation énergétique.

Parmi les modalités de valorisation de la paille pour la construction, on peut notamment citer les bottes de paille (murs autoporteurs ou remplissage d’une structure porteuse en bois), les torchis (enduit isolant), les mélanges terre-paille (remplissage de murs ou enduit isolant), ou encore les panneaux de paille compressés (fabrication de cloisons d’intérieur ou de doublage). Si le marché de la construction paille est encore relativement limité, il connait toutefois un engouement croissant, et tend aujourd’hui à se démocratiser.

Par ailleurs, les évolutions récentes du cadre réglementaire et stratégique relatif à la valorisation de la biomasse à des fins énergétiques font entrevoir un potentiel d’accroissement de la mobilisation de la paille au cours des prochaines années. Le Schéma Régional du Climat, de l’Air et de l’Energie (SRCAE) d’Île-de-France préconise ainsi de « procéder à l’identification des potentiels de développement de la filière biomasse », notamment concernant la paille, et de « soutenir les projets de chaufferie fonctionnant aux combustibles paille et culture énergétique en milieu rural, de manière raisonnable ».

Le SRCAE confère un rôle important à la paille dans le développement de la filière régionale biomasse énergie, en soulignant que cette ressource pourrait constituer 26% de la biomasse disponible en Ile-de-France à horizon 2015-2020, soit 223 kt/an.

 

 

En savoir plus sur l’ARENE Île-de-France

L’ARENE Île-de-France (association créée en 1994) accompagne les territoires franciliens depuis plus de 20 ans dans leurs démarches et politiques énergie climat, et travaille notamment sur le développement des matériaux biosourcés et l’usage énergétique de la biomasse.