BIOREV Tropics : Nomadéis et ses partenaires remportent l’appel à projets innovants de la DIECCTE La Réunion…

Nomadéis et ses partenaires BioBuild Concept et la Laboratoire d’Écologie Urbaine de La Réunion vont travailler pendant 8 mois sur le développement local de la filière du « bâti tropical » (construction en milieu tropical humide).

Objectif : renforcer la valorisation des matériaux locaux pour la construction et maximiser les retombées socioéconomiques pour le territoire, notamment en matière d’emploi et de compétences.


Participation aux Assises des Outre-Mer :

Télécharger la contribution de Nomadéis aux Assises des Outre-Mer

 

Aperçu du programme de travail BIOREV Tropics

Le programme d’action défini par Nomadéis et ses partenaires comprend 6 principaux axes de travail :

  • Constitution d’un collectif spécifique de 60 acteurs, qui rassemble institutions, collectivités, entreprises, associations, architectes, établissements d’enseignement et de recherche, exploitations agricoles, etc. dans une logique de mobilisation de l’intelligence collective ;
  • Réalisation d’un diagnostic initial des filières existantes et des gisements potentiels. Cartographie de 26 ressources locales pour la construction en milieu tropical humide et insulaire, dans un périmètre de 4 catégories de matériaux : biosourcés « produits », biosourcés « déchets », géosourcés et végétal vivant  (recherches, interviews, observations de terrain) ;
  • Organisation, animation, capitalisation de 8 ateliers de travail, en collaboration étroite avec le Conseil d’Architecture, d’Urbanisme et de l’Environnement (CAUE de La Réunion) ;
  • Consultation de 250 entreprises artisanales locales, pour mieux comprendre leurs perceptions et attentes en lien avec le développement actuel et futur de la filière bâti tropical, et les opportunités économiques associées ;
  • Organisation de 4 visites techniques visant à partager et valoriser au mieux les retours d’expériences d’opérations d’aménagements ayant mis en œuvre certains principes et pratiques emblématiques du bâti tropical ;
  • Identification de 70 actions clés (innovation, export, réglementation, formation…), co-construction et formalisation d’un plan d’action, mobilisation des acteurs du territoires pour maximiser les retombées socioéconomiques locales.

 

Principaux partenaires

BIOREV Tropics est soutenu et financé par la Direction des Entreprises, de la Concurrence, de la Consommation, du Travail et de l’Emploi (DIECCTE La Réunion) ainsi que le ministère de la Transition écologique et solidaire (MTES).

Laboratoire d’Ecologie Urbaine de La Réunion (LEU Réunion) : Fondé en 2003 par les architectes Antoine Perrau et Michel Reynaud, le Laboratoire d’Ecologie Urbaine porte son activité sur deux domaines : l’aménagement urbain et paysager, et la qualité environnementale du bâtiment et des projets d’aménagement. LEU Réunion regroupe une équipe d’une dizaine de collaborateurs impliqués dans le domaine de l’aménagement urbain et paysager, respectueux de l’environnement. Intervenant soit en études, soit en réalisation, le Laboratoire d’Ecologie Urbaine dispose d’une pratique diversifiée aussi bien en maîtrise d’oeuvre qu’en assistance à maîtrise d’ouvrage. Le paysage est une dimension fondamentale de son activité depuis plusieurs années.

BioBuild Concept : Fondé en 2015, BioBuild Concept accompagne le développement de projets dans le secteur de la construction durable. L’expertise du cabinet couvre les domaines de l’éco-construction, des matériaux de construction biosourcés, des matériaux innovants, et de l’économie circulaire. Composé d’une équipe multidisciplinaire et complémentaire, BioBuild Concept s’appuie sur l‘expérience reconnue de cette équipe dans de nombreux domaines comme l’industrie des matériaux de construction et la bio-industrie, les outils de réglementation et de normalisation de la construction, les évaluations techniques des matériaux, la formation professionnelle ou encore les stratégies de développement de filières. 

 

Pour en savoir plus sur le contexte local

L’île de La Réunion est engagée depuis plusieurs années dans une stratégie de développement de la filière « bâti tropical ». La pertinence de cette démarche est explicitée dans plusieurs rapports qui documentent de façon argumentée, illustrée et chiffrée les enjeux de la construction en milieu tropical humide, les contraintes propres au territoire réunionnais, les savoir-faire acquis par les acteurs locaux, les réalisations et les programmes en cours d’exécution.

Plusieurs démarches successives d’analyse économique et/ou environnementale du territoire convergent en faveur d’une stratégie de spécialisation, d’études de filières vertes, d’un potentiel à l’export des savoir-faire, etc. et ont permis de mettre en avant des enjeux techniques et économiques. 

D’un point de vue technique, le territoire se concentre sur la mise en œuvre d’une stratégie bioclimatique permettant de s’adapter aux contraintes posées par sa situation géographique (aléas climatiques et naturels, confort thermique, indépendance, énergétique, etc.) via une réflexion sur l’orientation des bâtiments et la mise en œuvre de dispositifs permettant de lutter contre le rayonnement solaire et de favoriser la ventilation naturelle (incluant notamment le végétal vivant, intégré ou à proximité du bâti).

La question spécifique des matériaux utilisés dans la construction est abordée comme un champ de développement à explorer. Des initiatives ont été engagées, notamment en matière de développement de la connaissance (caractérisation des matériaux locaux) ou de production à des échelles artisanales ou semi-industrielles.

Toutefois, la structuration de filières de production de matériaux locaux pour la construction et leur appropriation par les entreprises de la maîtrise d’œuvre ne sont pas encore objectivés comme des facteurs clés de succès d’une filière bâti tropical dans son ensemble. A ce jour, malgré un réel volontarisme pour valoriser certaines ressources réunionnaises, la plupart des matériaux utilisés dans la construction demeurent importés. 

D’un point de vue économique, les études réalisées ont permis de mieux connaitre et caractériser les métiers et emplois de la filière de la construction et les enjeux associés à son développement, notamment en matière de réglementation et de taille critique de marché.

Cependant, l’analyse de la chaine de valeur reste à consolider sur la question de l’approvisionnement en matériaux locaux (maillons « amont ») et sur les perspectives offertes par le développement d’une économie circulaire du bâtiment pour relever les défis liés à l’insularité du territoire (optimisation et valorisation des déchets de matériaux biosourcés et locaux aux différentes étapes de la chaine de valeur).